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Soutenez les Bains des Pâquis !

Véritable institution genevoise datant de 1872, les Bains des Pâquis sont très durement frappés par la crise liée au Covid-19.

Projet Contreparties News

Coup de pouce en faveur des Bains des Pâquis

  • SIG souhaite aider les Bains des Pâquis à traverser la crise actuelle.
  • L’Association des Usagers des Bains des Pâquis (AUBP) a été contrainte de fermer les Bains dès le 15 mars : depuis elle puise dans sa trésorerie, sans pouvoir générer de recettes.
  • L’intégralité des montants collectés est reversée à l’AUBP (aucune commission n’est prélevée par SIG).

Merci pour votre soutien !

Qui sommes-nous ?

Les Bains c’est :

  • plus d’un million de visiteurs par année;
  • plus de 100 postes de travail et une cinquantaine de personnes travaillant bénévolement;
  • des centaines d’événements socio-culturels et sportifs organisés chaque année.

Où en sommes-nous ?

Notre association (sans but lucratif) a dû se résoudre à une fermeture totale du site depuis le début du printemps (15 mars). Il en résulte de lourdes pertes financières qui mettent en péril l’avenir de l’association et du site lui-même. En effet, le chômage technique de notre équipe et nos frais fixes incompressibles, entraînent des charges importantes chaque mois.

Il s’agit aussi de sauver l’esprit des Bains des Pâquis dans ce qu’ils ont d’unique : la générosité, la créativité et le lien qu’ils ont su tisser au fil des générations avec ses usagers.

Nous avons besoin de vous

Afin de sauver ce lieu emblématique, nous lançons une action de soutien sur la plateforme de financement participatif SIG Impact.

Les fonds collectés seront intégralement utilisés pour assurer la pérennité des Bains.
Ils serviront à :

  • assurer les charges salariales;
  • financer l’entretien et le bon fonctionnement du site;
  • maintenir le lien entre les Bains et leurs usagers au travers d’actions socio-culturelles et sportives.

Nous nous engageons à informer de manière transparente les donateurs-trices sur l’utilisation qui sera faite des fonds récoltés.

Les Bains en lien

Afin de garder le lien avec les utilisateurs-trices des Bains, nous sommes entrés en résistance poétique. Malgré le confinement, des voix s’élèvent, des voix chantent, des voix peuvent être entendues !

Des auteurs lisent leurs textes, des musiciens jouent leurs musiques, des philosophes pensent, des profs de yoga méditent… seuls sur la jetée des Bains des Pâquis, privée de leur public sur place, on plonge dans un Bains de Foule virtuel.

En situation de confinement et dans le respect des règles sanitaires, nous diffusions ces performances en direct sur Facebook live. Vos dons nous permettront aussi de faire durer cette fenêtre virtuelle sur les Bains.

Pour nous contacter

Bains des Pâquis
Quai du Mont-Blanc 30
CH – 1201 Genève
022 732 29 74
info@aubp.ch
www.bains-des-paquis.ch

Suivez-nous sur Facebook

Où sommes-nous situé ?

La création

Les Bains des Pâquis existent depuis 1872. Construits d’abord en bois, puis agrandis en 1889 sur pilotis, ils furent reconstruits en dur, en 1931-1932. En 1890, les Bains deviennent publics et municipaux. Ils étaient payants de 7 heures à 18 heures les jours de semaine et gratuits les dimanches et jours de fêtes. Quelques heures gratuites étaient réservées aux femmes afin d’éviter la promiscuité.

La ville de Genève décide de reconstruire les bains en 1932. Les simples baraques de bois sont détruites pour laisser la place à un aménagement complet de la jetée en béton armé. Le projet choisi fut celui de l’ingénieur Louis Archinard et de l’architecte Henry Roche qui offrait une parfaite égalité de surface entre les hommes et les femmes et une superficie de 6500 m2. Le premier des 448 pieux fut planté le 20 janvier 1932.

Le succès est total, les Genevois s’approprient ce site et en font leur lieu estival préféré. Alliant calme, sports, santé et loisirs, les Bains sont également imprégnés d’un côté social et socialisant qui n’a pas échappé à ses utilisateurs. Fin des années 80, un projet prévoit la reconstruction des Bains. Or qui dit reconstruction, dit démolition. Pourquoi un tel projet alors que la rénovation permettrait de garder l’esprit des Bains…?

Le projet de destruction

Début des années 80, la rumeur court dans les rues des Pâquis… ll se propage d’une serviette de bain à l’autre, autour des tables de la buvette et sous les platanes. La Ville de Genève veut transformer les Bains des Pâquis ! Les utilisateurs se sentent trahis par un projet qui ne respecte en rien l’esprit des Bains. Certes il est prestigieux mais ne correspond pas aux attentes des baigneurs. Comment convaincre la Ville que les Bains doivent être rénovés sans être modifiés.

Ce qui fait la richesse de ces Bains c’est leur convivialité, le mélange de générations et de genres, leur sobriété et leur popularité. Tout un ensemble d’éléments qui font qu’on y retrouve ses amis d’un été à l’autre, qu’on y a ses habitudes et qu’on a l’impression d’être en vacances dès qu’on s’attable à la buvette. La Ville de Genève a sous-estimé les attaches affectives des Genevois aux Bains des Pâquis.

C’est la mobilisation ! Les utilisateurs et les habitants du quartier lancent une campagne de protestation. En février 1987, les défenseurs des Bains forment une association afin de déposer un recours contre le projet : l’Association d’usagers des Bains des Pâquis est née (AUBP).

Des rencontres avec les architectes et les élus se succèdent. L’AUBP fait campagne pour signifier que le projet de démolition-reconstruction ne correspond pas aux attentes des usagers qui souhaitent juste la rénovation des Bains. C’est un échec, le Conseil municipal vote le projet en décembre 1987. L’AUBP décide alors de lancer un référendum pour que les Genevois se prononcent sur l’avenir des Bains : plus de 9000 signatures sont rapidement récoltées et le référendum est déposé.

La lutte

Le référendum est fixé au 25 septembre 1988. L’AUBP doit convaincre la population que la rénovation des Bains est techniquement réalisable et qu’elle coûtera moins chère qu’une destruction-reconstruction.

Face aux diagnostics désastreux de la Ville de Genève soutenant que les Bains devraient être détruits à cause de la maladie du béton, l’AUBP fait sa propre évaluation des 513 piliers et constate que seule une dizaine de piliers est atteinte de carbonatation. Une contre-expertise révèle que les Bains sont réparables et un nouveau projet réalisé par des architectes favorables aux Bains est proposé.

La campagne est financée par les spectacles et les fêtes organisés aux Bains des Pâquis : artistes et musiciens se produisent gratuitement. Graphistes, cinéastes et dessinateurs se mobilisent également pour donner aux affiches des votations une signature particulièrement colorée. Journalistes, commerçants, maisons de quartier, espaces culturels toute la ville se mobilise et le 25 septembre 1988, près de 17 000 citoyens, 72% de votants, votent NON à la disparition des Bains.

L’architecture

Construction simple et harmonieuse, les Bains des Pâquis, s’intègrent discrètement dans le paysage de la rade. Adossés à la jetée, les bassins permettent aux baigneurs de profiter de la vue sur la ville alors que les plages s’ouvrent sur le lac tout entier. La simplicité et la clarté architecturale en font une construction intemporelle chère au coeur des Genevois. Cet espace qualifié par certains d’ethno-terriroire illustre la relation entre l’individu et son environnement urbain. Chaque espace des Bains est imprégné de la dimension affective et de la mémoire des Bains. Tout est fait pour que le baigneur puisse s’approprier les lieux et les investisse en conjuguant tranquillité et convivialité.

«En amont de la jetée la configuration lacustre domine l’environnement, alors qu’en aval la plate forme des bains permet un regard généreux sur la ville. Entre ces deux orientations, des espaces élémentaires nous mettent en rapport avec l’administration (accueil), le ciel (couloir des cabines), les plans d’eau, la convivialité (la buvette), l’évasion paysagère sur le lac Léman (la plage). Alternance entre espaces ouverts et espaces clos, entre perspectives visuelles et écrans de nature différents, entre espaces dans l’eau et espaces sur l’eau. L’organisation du plan évite toute monumentalité et illustre la juste mesure.

La mise en espace témoigne du sens de l’utile, de la simplicité rationnelle, de la relative pauvreté des matériaux utilisés, de l’attitude de modestie s’inscrivant dans ce paysage. La connaissance de la nature des fonds et des caractéristiques hydrauliques du lac, ont permis la construction d’un édifice stable reposant sur plusieurs centaines de piliers en béton. La lisibilité de la construction prend en compte les contraintes du milieu aquatique et du site.» (Marcellin Barthassat, architecte).

Paiement sécurisé.
Si le projet n'atteint pas son objectif, vous serez intégralement remboursé. Pour plus de détails sur le fonctionnement d'Impact, voir la FAQ

Je soutiens les Bains sans contrepartie

Je soutiens les Bains des Pâquis en versant le montant suivant :

201 contributeurs

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Pour 20 CHF

Bain-venus parmi nous

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

130 contributeurs

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Pour 30 CHF

Mets ta casquette

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Une casquette du Sauvetage de Genève

3 contributeurs
47 disponibles

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Pour 50 CHF

Maître Yoga aux Bains

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour une séance de yoga aux Bains avec Natacha fait du yoga

5 personnes par séance. Prix par personne.

5 contributeurs
10 disponibles

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Pour 50 CHF

À la santé des Bains

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour la boisson de mon choix à la Buvette

132 contributeurs

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Pour 100 CHF

Alerte à MaliBain

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour un tour en bateau de 30 minutes sur la toute nouvelle vedette du Sauvetage de Genève

Le tour aura lieu au mois de septembre, 5 personnes par tour. Prix par personne.

3 contributeurs
12 disponibles

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Pour 100 CHF

L'appel des Sirènes

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour une initiation au "mermaiding" : apprend à nager comme une sirène

Groupes de 5 personnes, hommes bienvenus. Prix par personne.

0 contributeur
15 disponibles

Contribuer

Pour 100 CHF

Baptême de plongée aux Bains

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour un baptême de plongée autour des Bains, partez à la rencontre des silures du Lac

Durée 2h, dont 30 minutes sous l'eau. Groupe de 3 personnes. Prix par personne.

8 contributeurs
1 disponibles

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Pour 100 CHF

Le savoir Bain manger

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour la boisson de mon choix à la Buvette

+ Un bon pour un plat du jour à la buvette (ou Fondue)

153 contributeurs

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Pour 100 CHF

Concert semi-confiné aux Bains du 28 mai

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour assister au concert du groupe Hyperculte dans les Bains en Résistance du jeudi soir 28 mai à 21h

5 personnes par concert. Prix par personne.

3 contributeurs
2 disponibles

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Pour 150 CHF

Le labyrinthe des Bains

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un bon pour une visite des dessous des Bains en compagnie d'un guide des lieux

Groupe de 5 personnes, sachant nager, à partir de 6 ans. Prix par personne.

0 contributeur
15 disponibles

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Pour 200 CHF

Le coeur sur les Bains

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Une entrée

+ Un drapeau "Coeur des Bains", dimension 1m sur 1m

25 contributeurs

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Pour 300 CHF

Le club des 5 en concert

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Cinq entrées

+ Un bon pour assister à un concert privé de l'artiste genevois Antoine Läng

Bon valable pour un groupe de 5 personnes. Le concert aura lieu aux Bains.

0 contributeur
3 disponibles

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Pour 500 CHF

Gravé dans le Bain

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Mon nom inscrit sur le "Mur de la résistance" qui sera créé spécialement pour l'occasion, ainsi que sur le site web des Bains

+ Un abonnement d’été (accès illimité aux Bains de mai à septembre 2021) ou un abonnement de 11 entrées au sauna

32 contributeurs

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Pour 1000 CHF

Bain à bulles

Je reçois :

Une carte postale des Bains

+ Deux entrées

+ Mon nom inscrit sur le "Mur de la résistance" qui sera créé spécialement pour l'occasion, ainsi que sur le site web des Bains

+ Un bon pour un petit-déjeuner pour deux personnes au sommet du plongeoir avec huîtres et champagne

0 contributeur
3 disponibles

Contribuer

#sauvonslesbains – journal de bord n°2

1er objectif de CHF 50’000.- atteint!
Grâce à  V O U S,  la réouverture des Bains devient financièrement possible,
M E R C I

Pour tenir tout au long de cet été et faire face aux coûts supplémentaires dûs à la situation actuelle, nous permettre de travailler et vous accueillir dans de bonnes conditions,

METTONS LE CAP VERS LES CHF 100’000.- !

Et comme vous manquez aux Bains, les Bains vous ont concocté des activités à la fois audacieuses, mystérieuses, prodigieuses, et toujours délicieuses.
Pour découvrir ces nouvelles contreparties inédites, c’est par ici.

Un grand merci pour votre participation active, votre dévouement, de partager notre actualité, de diffuser cette action de soutien autour de vous – c’est essentiel, c’est avec vous que les Bains résistent.

68e jour de fermeture aux Bains – Frédéric Favre, pour l’AUBP


Régalons-nous
dès à présent des mots du gardien des lieux, nous adressant depuis les Bains, la plus féérique de toutes les cartes postales. À retrouver ci-après.

#sauvonslesbains, ensemble c’est possible!
Passons le mot.
De tout coeur,

L’équipe de l’AUBP

Enfin seul sur mon île ! Je n’y croyais plus.

Ce dimanche est bénit. Aucune visite, aucune réunion, aucun événement. La vie seule des Bains et ses habitants naturels, auprès desquels je dois faire figure d’intrus.

Ce matin, je me suis réveillé sur une fourmilière. Des centaines de minuscules arthropodes avaient envahi mon espace et ma couche. Ils me courraient sur le corps et le visage, comme si je n’étais qu’un Gulliver de plus, espérant peut-être m’attacher à jamais à mon destin. Mais non, j’ai pu me relever et, comme je ne sais exterminer nulle vie, je les ai laissés sur mon matelas se repaître d’une légende à venir.

Chaque soir, je compte mes cygnes. Ils prennent demeure la nuit tombée dans le bassin qui jouxte la terrasse où je me tiens. Ils sont dix-sept. Ni un de plus ni un de moins, nuit après nuit. Au début, ils s’effrayaient de ma présence, mais très vite nous nous sommes mutuellement apprivoisés.  Sans compter un couple de foulques qui a établi ici son nid. Les autres oiseaux, eux, s’égrènent un peu partout ailleurs, dans les bassins restants, sur la grève, ou au large tout simplement.

Je m’affale sous l’auvent qui tend au-dessus de la table ses rayures comme un zèbre incongru dans ce paysage lémanique. J’ai le sourcil lourd. Épais de fatigue et d’espoir. Je regarde pousser la vigne, les bambous, le romarin, les pommiers, toutes ces plantes étriquées dans des fûts d’inox, mais qui continuent de croire en la vie. J’observe le manège des moineaux et des corbeaux, celui des pigeons et des mouettes qui font front à la bise qui s’est levée depuis peu.

Les premières guêpes sont arrivées, les moucherons aussi, ainsi que quelques éphémères.

Sous la surface de l’eau, j’abandonne mon regard aux nombreux poissons qui vaquent pour la plupart avec nonchalance à leurs occupations. Je découvre des bulots lacustres, d’élégantes crevettes d’eau douce, des écrevisses caparaçonnées comme pour aller à la guerre et tout un plancton composé de microscopiques larves que je ne sais identifier.

Voilà, la journée se termine. Le phare ferme un œil, puis l’autre, la lune reflète l’aile d’une chauve-souris. C’est ce moment de transition que je préfère. Cet instant où se croisent et se mêlent deux mondes distincts. Ce moment qui me rappelle profondément à mes racines et à l’humanité. Nous ne serions que le jour ou la nuit, que blanc ou noir, que femme ou homme sans cet instant-là. C’est là que nous nous retrouvons toutes et tous, là que le partage s’opère et que la solidarité nous permet de parcourir le vaste monde debout, de bout en bout.

J’efface d’un coup de gomme grise mon bonheur à être seul sur cette île. Elle n’est pas mienne bien sûr. Quel bonheur plus grand pourrait-il y avoir que de la partager avec vous toutes et vous tous ?

Le Garde des sots

#sauvonslesbains – journal de bord n°1

Cela fait près de 13 jours que SIG Impact a mis à disposition sa plateforme de financement participatif pour soutenir les Bains dans cette période difficile, et nous sommes émerveillés devant les chiffres qui s’alignent sur nos écrans.

Vous êtes plus de 500 généreuses âmes à participer à cette action, grâce à vous plus de CHf 40’000.- ont déjà été collectés, c’est fou!
Merci infiniment pour votre belle mobilisation pour la survie des Bains!

Et ce n’est pas fini!
L’excellente nouvelle c’est que cette action de soutien sur Impact est disponible pendant encore 44 jours! Notre objectif: 150% de collecte!
Vous pouvez  nous aider en partageant cette action autour de vous, en en parlant, à vos ami.e.s, à vos voisin.e.s, à votre famille, en postant sur FB, Instagram, LinkedIn, en transférant cet email?

Voici les liens vers la première vidéo de notre action, en français et en anglais à diffuser sans modération 😉

Nous vous remercions de tout le coeur des Bains…

…et avons une petite surprise rien que pour vous ! Vous trouverez ci-dessous des nouvelles toutes fraîches des Bains – mais que s’y passe-t-il?
Points de vue d’un capitaine qui veille au grain pour nous toutes et tous sur ces lieux fabuleux depuis les premiers jours du confinement…

L’équipe de l’AUBP

64 nuits déjà et autant de jours que je suis sur la dunette. A la fois capitaine, bosco, matelot, machiniste, homme à tout faire, jusqu’à maitre-coq.

Heureusement, le navire est stable. Bien ancré sur ses pilotis de béton. Il ne menace ni de tanguer ni de sombrer. Pourtant, qui sait, si la situation devait perdurer et que la croisière ne puisse jamais reprendre, la timonerie pourrait elle aussi être abandonnée. C’est encore pour l’heure un bateau fantôme, peuplé d’ombres et d’oiseaux le plus souvent.

Heureusement, presque chaque jour le carré se rempli de quelques personnes. C’est là que s’élaborent les stratégies pour demain, là que s’organise la résistance, là que notre radiotélégraphiste relaie au monde extérieur les images d’une vie à bord qui se réinvente et qui tend ses amarres vers des milliers d’îlots confinés dans leur isolement. Là que la même question se pose et se repose réunion après réunion comme un mantra désespérant : quand et comment ?

A midi, le mess est au complet. Le coq tire toujours du fond de la cale quelque subsistance qu’il accommode au mieux. Matelots et officiers se mélangent, comme depuis toujours. Il n’y a pas de caste, pas de grade, chacun est là pour que le vaste paquebot des Bains conserve le cap.

C’est pour cela qu’il faut tenir la barre contre vents et marées, quart après quart, en se disant que la vie reprendra et espérer que les ponts pourront très vite rouvrir au public. Nous ne sommes pas seuls. Dehors, il nous semble entendre le murmure grandissant d’un monde qui piaffe d’impatience

Ce soir, ce sera la 65ème nuit que je dormirai ici, seul, comme un invité incongru et privilégié, entre le clapotis de l’eau, les étoiles et les oiseaux lacustres. Eux, si heureux qu’enfin on leur abandonne un si vaste espace, alors que je ne rêve moi, que de le rendre à vous toutes et à vous tous, sans qui peut-être le navire des Bains, aurait déjà heurté un écueil sans retour.

Amicalement,
Le Garde des seaux